abbattre


abbattre

⇒ABATTRE, ABBATTRE, ABATRE, verbe trans.
I.— Sens propre. Provoquer la chute ou la destruction (ou la mort) d'un être animé ou inanimé.
A.— Emploi trans. [Le suj. est un animé (hum.)]
1. L'obj. est un inanimé (arbre, noix, mur, etc.) ou un être animé (anim. notamment de bouch.); p. ext. un être hum., un vice hum.
a) Le résultat de l'action est une chute de l'obj. :
1. Abattre des bois, défricher, semer, planter, construire une maison, tout cela est au-dessus des facultés d'une femme habituée à l'opulence et à l'insouciance des détails que donnaient une grande fortune, et la dissipation de la vie de Paris.
G. SÉNAC DE MEILHAN, L'Émigré, 1797, p. 1829.
2. Ce soir, je suis monté jusqu'aux bois qui dominent la ville; je suivais une grande route que bordaient d'un côté des tilleuls roux et des noyers; ceux-ci s'étaient déjà presque complètement dépouillés de leurs feuilles; on abattait les noix avec des gaules, et l'odeur d'iodure de sodium se dégageait des cosses que les enfants foulaient à terre.
A. GIDE, Journal, 1894, p. 51.
b) Le résultat est à la fois une chute et une destruction (mort) :
3. En voyant le grand nombre des députés à l'assemblée nationale de 1789, et tous les préjugés dont la plupart étaient remplis, on eût dit qu'ils ne les avaient détruits que pour les prendre, comme ces gens qui abattent un édifice pour s'approprier les décombres.
S. CHAMFORT, Maximes et pensées, 1794, p. 82.
4. Les ateliers avaient un sous-sol où mettre les boiseries, et qui communiquaient avec nos caves. Jupien y mettrait son charbon, ferait abattre la cloison et aurait une seule et vaste boutique.
M. PROUST, À la recherche du temps perdu, Le Côté de Guermantes, 2, 1921, p. 372.
5. Je crois être quelque temps capable de cuisiner un bon pâté de venaison; je doutais davantage de mes forces pour courre le gibier et l'abattre. Aussi veux-je rien faire d'autre, pour l'instant, que de chasser et de garnir mes crochets; ...
R. MARTIN DU GARD, Souvenirs autobiographiques et littéraires, 1955, p. CXIV.
P. ext. :
6. ... la jeunesse, en 1814, saluait la restauration, parce qu'elle abattait le despotisme et relevait la liberté.
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 2, 1848, p. 560.
7. L'amour-propre est dix fois plus vulnérable que l'orgueil, mais s'il est blessé bien plus souvent il a la vie pourtant plus dure. Ainsi les revers qui abattent notre orgueil ulcèrent notre amour-propre.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 11 janv. 1866, p. 56.
8. — Je me renseigne sur Bichat, dit alors Lucie d'une voix chargée de passion. J'attends les dernières preuves. Si je les reçois, je n'hésiterai pas un seul instant à le faire abattre comme un chien.
R. ABELLIO, Heureux les pacifiques, 1946, p. 388.
9. Le combat, alors, est sans merci. S'il tourne mal, les français survivants qui n'ont pu se dégager seront abattus sur-le-champ ou bien, après un simulacre de jugement, fusillés contre un talus.
Ch. DE GAULLE, Mémoires de guerre, L'Unité, 1956, p. 251.
2. Emplois techn. (selon les domaines, le sens propre du verbe est plus ou moins perceptible)
ARCHIT. Abattre les angles d'une constr. (« arrondir ») :
10. Il existait à Beaucaire, en 1216 ... une tour triangulaire dont les angles étaient abattus ...
P. MÉRIMÉE, Étude sur les arts au Moyen Âge, 1870, p. 242.
Au fig. :
11. M. Blanqui reconnaît qu'il y a dans la propriété une foule d'abus, et d'odieux abus; de mon côté j'appelle exclusivement propriété la somme de ces abus. Pour l'un comme pour l'autre, la propriété est un polygone dont il faut abattre les angles; ...
P.-J. PROUDHON, Qu'est-ce que la propriété?, 1840, p. 128.
ARMURERIE. Abattre le chien d'un fusil (cf. ex. 39).
BONNETERIE :
12. Les faiseurs de bas au métier disent qu'ils abattent l'ouvrage, lorsqu'ils font descendre sous les aiguilles du métier les anciennes boucles qui ont passé par-dessus leurs becs.
LAV. 1828.
CARTIER (ART DU). Abattre. Étendre les paquets composés d'étresses (Ac. Compl. 1842, BESCH. 1845).
CÉRAMIQUE :
13. Loin d'abattre les sutures ..., il faut les enlever ...
A. BRONGNIART, Traité des arts céramiques, 1844, I, p. 161.
CHAPELLERIE. Abattre un chapeau Aplatir les bords et le dessus de la forme d'un chapeau (Ac. Compl. 1842).
CHIR. Abattre, abaisser. Abattre la cataracte (Ac. Compl. 1842).
COIFFURE, (vieilli). Abattre la barbe de qqn (DG. )Cf. hist. I B 2).
CULIN. (ART). Abattre les bouillons d'un liquide en ébullition Faire tomber les bouillons d'un liquide en ébullition en versant dessus de l'eau froide; cf. teinturerie).
FAUCONN. Abattre un oiseau. L'immobiliser en le couchant sur le côté pour le soigner (cf. ART VÉTÉR.).
Rem. ,,C'est tenir l'oiseau serré entre deux mains, afin de le garnir de jets, ou pour le poivrer, ou pour lui donner quelque médicament par force``. (BAUDR. Chasses 1834).
JEUX :
Abattre des quilles. Faire tomber des quilles :
14. La partie est menée par deux joueurs ou par quatre en équipes de deux. Chacun joue à son tour. Mais comme celui qui joue le second doit abattre une quille de plus pour gagner, on tire à pile ou face.
J. DE PESQUIDOUX, Chez nous, t. 2, 1923, p. 28.
Abattre ses cartes. Abaisser ses cartes avec vivacité sur la table :
15. On fait une manille, comme tu vois.
Il abattait ses cartes sur le tapis, cognant du poing, à chaque coup, entre les verres pleins de vin rouge.
M. GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 150.
Abattre ses cartes, son jeu, abattre (absol.). En partic. les abattre avec vivacité pour les montrer et indiquer par là qu'on a gagné sans jouer :
16. — Tout compris, répondit Phileas Fogg, qui, abattant son jeu, ajouta : « deux atouts maîtres. » Andrew Stuart, à qui c'était le tour de « faire », ramassa les cartes en disant : « Théoriquement, vous avez raison, monsieur Fogg, mais dans la pratique... »
J. VERNE, Le Tour du monde en quatre-vingts jours, 1873, p. 14.
Au fig. Manifester explicitement ses intentions sur un ton gén. agressif :
17. Il y avait un autre grand joueur qui jusqu'alors n'avait fait qu'observer les coups, mais attendait le moment d'entrer dans la partie. C'était le prince de Bismarck. Brusquement, le 19 février, il abattit ses cartes par un grand discours au Reichstag, discours volontairement obscur, donc fort clair.
A. MAUROIS, La Vie de Disraëli, 1923, p. 296.
18. Aujourd'hui, qui peut se vanter d'être entendu à demi-mot! Solliciter n'a plus de sens. On doit abattre grossièrement ses cartes, montrer son jeu.
G. BERNANOS, La Joie, 1929, p. 628.
♦ Jeu de tric-trac : Abattre du bois. Jouer beaucoup de dames de la pile afin de caser (c.-à-d. placer deux dames dans une case) plus aisément :
19. Abattre du bois. C'est, au jeu de trictrac, abattre des dames pour caser; ...
GATTEL 1797.
Rem. Cette déf. reproduit textuellement celle d'Ac. 1694 (cf. hist.).
MAN. Abattre l'eau d'un cheval. Essuyer un cheval lorsqu'il sort de l'eau ou lorsqu'il est en sueur (BESCH. 1845). P. anal. :
20. Peu habitués à la danse qu'ils n'aimaient point, les garçons du chenal s'essouflaient vite et suaient à grosses gouttes. D'un geste brusque ils arrachaient le mouchoir accroché sous leur menton et, à grands coups, s'en essuyaient le visage. Ils en tiraient une sorte de fierté :
— Aïe! regarde-moi donc : j'suis mouillé quasiment d'un travers à l'autre!
— Ben tu m'as pas vu, j'suffis pas à m'abattre l'eau!
G. GUÈVREMONT, Le Survenant, 1945, p. 134.
MARÉCHALERIE. Abattre le pied. Enlever de la corne au sabot du cheval (DG).
MÉTÉOR. Abattre le vent, la poussière, en parlant de la pluie (faire tomber le vent, diminuer la force du vent, l'épaisseur de la poussière) :
21. Inespérément quelques gouttes d'eau viennent abattre un peu la poussière, rafraîchir et humecter l'air.
A. GIDE, Le Retour du Tchad, 1928, p. 963.
MINÉR. Abattre du minerai, de la houille. Le (la) détacher de la paroi :
22. En bas, on travaillait jour et nuit. Par crainte de rencontrer un obstacle, l'ingénieur avait fait ouvrir, dans la veine, trois galeries descendantes, qui convergeaient vers le point où l'on supposait les mineurs enfermés. Un seul haveur pouvait abattre la houille, sur le front étroit du boyau; on le relayait de deux heures en deux heures; ...
É. ZOLA, Germinal, 1885, p. 1553.
POLICE SANITAIRE (lang. des abattoirs). Abattre un animal. Tuer :
23. C'est dans ce village que j'ai vu pour la première fois réquisitionner le bois, le pain, la viande, etc.; c'est là que j'ai vu des malheureux lever les mains au ciel, pendant que leurs vaches sortaient des écuries, qu'on les abattait dans la rue, qu'on les dépouillait et qu'on les partageait en quartiers, par compagnie.
ERCKMANN-CHATRIAN, Histoire d'un paysan, t. 2, 1870, p. 28.
24. Toutes sortes de détritus avaient épaissi cette litière humaine, de la paille, du foin, que faisait fermenter le crottin des bêtes. Et, surtout, les carcasses des chevaux, abattus et dépecés en pleins carrefours, empoisonnaient l'air.
É. ZOLA, La Débâcle, 1892, p. 432.
TANN. et CORROIERIE
Abattre les peaux. Les pénétrer d'eau (Ac. Compl. 1842)
Abattre les cuirs. Dépouiller les animaux tués.
Abattre la laine. Faire tomber la laine des peaux de mouton.
TEINTURERIE. Abattre le bain (cf. ART CULIN.) :
25. Abattre le bain ou le bouillon.
C'est rafraîchir un bain avec de l'eau fraîche, avant d'y plonger l'étoffe ou l'écheveau.
G. DOIN, Dict. des teintures, 1828.
TYPOGR. et IMPR. :
Abattre la forme. Abaisser rapidement :
26. Le marbre étant convenablement essuyé, on doit avant d'abattre la forme l'essuyer à son tour ...
E. LECLERC, Nouveau manuel complet de typographie historique, 1897, p. 107.
Abattre la frisquette et le tympan (en parlant du mouvement que fait l'imprimeur après avoir placé la feuille de papier sur le tympan ou châssis) :
27. Abattre le tympan. Voyez abaisser la frisquette.
A.-F. MOMORO, Traité élémentaire de l'imprimerie, 1794, p. 34.
VÉTÉR. (ART). Abattre un cheval. Renverser un cheval sur le côté pour lui faire quelque opération (BESCH. 1845).
3. Expr. fam., arg., proverbiales
Familier :
♦ Vieilli. Abattre du bois :
28. Abattre du bois. Au fig. et fam. Abattre bien du bois, expédier beaucoup d'affaires en peu de temps.
GATTEL 1797.
En abattre de la besogne; de l'ouvrage; abattre du chemin :
29. Abattre (en). Jeter à bas beaucoup d'ouvrage, travailler à la hâte et sans aucun soin.
J.-F. ROLLAND, Dict. du mauvais langage, 1813, p. 2.
30. Et les marteaux continuaient de rouler comme une diligence sur le pavé de la ville. Ah! Nous en avons abattu de l'ouvrage en ce temps.
ERCKMANN-CHATRIAN, Histoire d'un paysan, t. 1, 1870, p. 467.
31. Au Chambon, Henri avait aperçu le Grand-Blanc devant une auberge. Une petite fille avait dit : « c'est le cheval de Gaspard des montagnes! » et le valet : « on peut dire que son maître en a abattu de l'ouvrage, depuis qu'il est dans l'endroit. » L'hôte, alors, d'un ton solennel : « ce garçon, c'est un foudre de labeur! »
H. POURRAT, Gaspard des montagnes, La Tour du Levant, t. 4, 1931, p. 129.
32. Malgré la chaleur grandissante, à midi, j'avais encore abattu un bon bout de route.
H. BOSCO, L'Âne Culotte, 1937, p. 98.
Argot :
♦ Abattre le brouillard. S'éclaircir la vue le matin en buvant.
Abattre. Faire des dettes :
33. Abattre. — Faire des dettes.
Almanach des débiteurs, 1851 (Larch. 1880).
Proverb. Petite pluie abat grand vent (Il s'agit d'un emploi fig. à partir de l'emploi météor. cf. I A 2 : peu de choses suffit pour calmer une grande querelle, p. anal. avec les expr. la pluie abat le vent, la poussière).
B.— Emploi intrans. Cet emploi est réservé à 2 sens techniques.
MARINE
Abattre se dit d'un bâtiment qui tourne sur lui-même autour d'un axe vertical; le sujet désigne le commandant, ou p. méton. le bât. lui-même :
34. Le 5 à midi nous appareillâmes de la rade de Brest. Je fus obligé de couper mon câble, le vent d'est très-frais et le jusant empêchant de virer à pic, et me faisant appréhender d'abattre trop près de la côte.
L.-A. DE BOUGAINVILLE, Voyage autour du monde, 1771, p. 4.
35. Ce que cet homme observait, c'était un navire au large qui faisait en effet un jeu singulier.
Ce navire, qui venait de quitter depuis une heure à peine le port de Saint-Malo, s'était arrêté derrière les banquetiers. C'était un trois-mâts. Il n'avait pas jeté l'ancre, peut-être parce que le fond ne lui eût permis d'abattre que sur le bord du câble, et parce que le navire eût serré son ancre sous le taille-mer; il s'était borné à mettre en panne.
V. HUGO, Les Travailleurs de la mer, 1866, p. 175.
Abattre en carène, en parlant d'un navire qui est couché sur le côté pour être réparé :
36. Le mouillage d'Hobart-Toron est bon en tout temps, bien qu'il descende parfois de vigoureuses rafales du mont Wellington. Un navire peut y faire toutes les réparations possibles, même y abattre en carène.
DUMONT D'URVILLE, Voyage au pôle sud et dans l'Océanie, 1842, IX, p. 46.
MANUTENTION. Peser sur un levier pour faire faire un tour au treuil (DG).
C.— Emploi pronom. S'abattre. [Le suj. est un inanimé, plus rarement un animal ou un homme] Tomber brusquement ou perdre sa position verticale, sous l'effet d'une force ou d'un choc violents.
1. Emploi absolu :
37. Les chevaux fumaient de sueur. Subitement, l'un d'eux, fléchit, s'abattit presque, se redressa d'un coup de reins; la machine s'enleva d'un côté, retomba, tourna comme sur un pivot, et le conducteur fut jeté à terre, à trois pas, dans le foin.
R. BAZIN, Le Blé qui lève, 1907, p. 212.
38. Les obus s'abattaient de droite, de gauche, de face.
Les uns après les autres, les hommes tombaient.
R. BENJAMIN, Gaspard, 1915, p. 66.
Spéc., emplois techn.
ARMURERIE :
39. ... du reste, nous manquions de tout. Nos fusils, de manufacture allemande, armes de rebut, d'une pesanteur effrayante, nous cassaient l'épaule, et souvent n'étaient pas en état de tirer. J'ai fait toute la campagne avec un de ces mousquets dont le chien ne s'abattait pas.
F.-R. DE CHATEAUBRIAND, Mémoires d'Outre-Tombe, t. 1, 1848, p. 397.
MARINE :
40. ... il [le brick] avait des mouvements de roulis et de tangage dans lesquels il s'abattait furieusement de côté et d'autre comme s'il allait virer ...
H. MALOT, Romain Kalbris, 1869, p. 20.
P. anal. :
41. ... les notes du quatuor s'abattent de tierce en tierce ...
J.-G. PROD'HOMME, Symphonies de Beethoven, 1906, p. 258.
2. S'abattre sur. Tomber brusquement et violemment sur un être (animé) de manière à le priver de ses forces ou de sa vie :
42. Qu'on se figure un autour se disposant à plumer un oison, et qui voit un aigle fondre et s'abattre sur sa proie.
J. SANDEAU, Sacs et parchemins, 1851, p. 18.
43. Il s'abattit sur la brute comme un faucon, se redressa en titubant, la main portée à son cœur qui l'étranglait.
H. DE MONTHERLANT, Les Bestiaires, 1926, p. 561.
P. anal. :
44. Un accès de foncier découragement vient de s'abattre sur moi, me laissant incapable de rien faire, sinon de tâcher de me galvaniser moi-même à l'aide de ce Journal.
Ch. DU BOS, Journal, mai 1924, p. 133.
Rem. Ne pas confondre cet emploi avec ceux où s'abattre et sur gardent chacun sa valeur propre :
45. En dégelant, la terre avait rompu le bois trop faible de l'armature. Il y eut un craquement, on entendit des os se fendre. Et lui, du même geste d'amour dont il s'enfiévrait à la caresser de loin, ouvrit les deux bras, au risque d'être tué sous elle. Une seconde, elle oscilla, puis s'abattit d'un coup, sur la face, coupée aux chevilles, laissant ses pieds collés à la planche.
É. ZOLA, L'Œuvre, 1886, p. 244.
46. ... quand j'étais encore une petite fille dans mon pays,
Alors que les abeilles essaiment, sur les deux heures, quand il fait si chaud,
Je m'asseyais dans l'herbe et, frappant sur un morceau de fer, je disais « belle! belle! »
Et tout l'essaim par rangées noires venait s'abattre sur le drap blanc tendu.
P. CLAUDEL, L'Échange, 1re version, 1894, III, p. 706.
II.— Sens fig. Priver brusquement quelqu'un des forces physiques ou morales, sous l'action d'une violente contrariété (exprimée par le sujet-agent).
A.— Emploi trans. [L'obj. est soit une pers., soit une de ses qualités ou facultés] :
47. C'était un homme peu habitué au travail de l'esprit; le changement d'habitudes qu'il s'était imposé, la privation de ses exercices habituels avaient ruiné sa santé. En outre, un grand chagrin l'avait abattu.
A. MAUROIS, La Vie de Disraëli, 1923, p. 190.
48. Prétendez-vous que mon bonheur ne réjouit pas le cœur de mon père? Ah! s'il est là, s'il voit sa fille en robe blanche, sa fille que vous avez réduite au rang abject d'esclave, s'il voit qu'elle porte le front haut et que le malheur n'a pas abattu sa fierté, il ne songe pas, j'en suis sûre, à me maudire; ...
J.-P. SARTRE, Les Mouches, 1943, II, 3, p. 50.
B.— Emploi absolu. Faire perdre le courage, l'énergie, etc. :
49. Comme la mer, l'exil a sa torpeur; il abat et engourdit.
A. DAUDET, Les Rois en exil, 1879, p. 209.
50. Cet éveil collectif, semblable à celui qui fait prendre, un beau jour, à chaque individu, la conscience des vraies dimensions de sa vie, a nécessairement sur la masse humaine un profond contrecoup religieux, — pour abattre ou pour exalter.
P. TEILHARD DE CHARDIN, Le Milieu divin, 1955, p. 24.
C.— Loc. pronom. [Le suj. désigne une pers.] Se laisser abattre
♦ Emploi absolu :
51. Le plaisant c'est que je sois considéré également comme l'ennemi, par leurs adversaires. Il s'agit de ne pas se laisser abattre, ni attrister, ni exaspérer, ni infatuer, mais de trouver au contraire un certain équilibre du cœur et de l'esprit dans le balancement de ces haines. Et se garder, soi, de haïr.
A. GIDE, Journal, 1927, p. 863.
♦ L'inf. ayant dans cette loc. un sens passif, l'agent ou la cause de l'abattement s'expriment par un compl. introd. par la prép. par :
52. Nous sentons les infirmités du corps, nous nous laissons souvent abattre par les moindres souffrances; nous ne sentons pas de même les infirmités ou les maladies de l'esprit, ...
MAINE DE BIRAN, Journal, 1819, p. 253.
53. ... je n'aurais jamais cru que mon colonel, un vrai lion ... se laisserait ainsi abattre par cette gueuse de bise qui siffle sur la neige durcie.
P.-A. PONSON DU TERRAIL, Rocambole, L'Héritage mystérieux, prol., t. 1, 1859, p. 10.
Stylistique — 1. Empl. au sens propre, abattre figure fréquemment dans des récits réalistes ou dans la litt. policière où il prend une coloration fortement péj. : abattre ne signifie plus seulement tuer, mais tuer froidement, voire lâchement. 2. Paul Valéry emploie l'expr. abattre l'heure, dans laquelle le verbe abattre fait image par croisement de battre l'heure avec abattre au sens de « provoquer la mort » :
54. Entends, mon âme, entends ces fleuves!
Quelles cavernes sont ici?
Est-ce mon sang ... Sont-ce les neuves
Rumeurs des ondes sans merci?
Mes secrets sonnent leurs aurores!
Tristes airains, tempes sonores,
Que dites-vous de l'avenir!
Frappez, frappez, dans une roche,
Abattez l'heure la plus proche ...
Mes deux natures vont s'unir!
P. VALÉRY, Charmes, la Pythie, 1922, p. 135.
Prononc. ET ORTH. — 1. Forme phon. :[]. Enq. :/aba, abat/. Conjug. mettre; inf. //; part. /, abaty/. 2. Dér. et composés : Abat (foin, etc.), abattable, abattage, abattant, abatte, abattement, abatteur, abattis, abattoir, abattu (-e), abatture et irrégulièrement avec un seul t abatée (cf. abatée, prononc. et orth.). Cf. battre. 3. Hist. — Abattre, sous sa forme graph. actuelle, ne s'impose définitivement comme vedette de dict. qu'à partir d'Ac. 1740. Mais on la rencontre déjà dans des ex. du XIVe s. (cf. T.-L.) et du XVIe s. (cf. GDF.). À son entrée dans la lang., le mot apparaît sous la forme abatre, sans redoublement de t (cf. étymol. et T.-L.). Au XVIe s., il y a prédominance des formes avec redoublement de consonnes : Abbatre (cf. ex. hist. I B 2) figure en vedette ds COTGR. 1611. On rencontre déjà cette forme au XIVe s. (cf. un ex. de GDF.); Abbattre (graph. étymol.) (cf. ex. hist. I A 4 et II A 1) figure en vedette ds NICOT 1606 et ds Ac. 1694 et 1718. Au XVIIe s., il y a un retour vers les formes sans redoublement de consonnes, abatre, mis en vedette ds RICH. 1680, FUR. 1690 et 1701, ainsi que ds Trév. 1704. Ac. 1762 (la vedette abattre renvoyant à battre) expose le paradigme verbal sous sa forme actuelle (cf. battre). On remarquera les formes anc. du fut. avec e, abatera, fin XIIe s. (cf. T.-L.), XVe s. (cf. GDF.) et du cond. avec e, abatteroient, XVIe s. (cf. HUG.); d'apr. FOUCHÉ Morphol. 1967. p. 401, ,,au futur et au conditionnel des verbes dont le radical est terminé par une labiale ou une dentale appuyée, un e svarabhaktique s'est développé devant l'r de la terminaison, en anglo-normand, en picard, en wallon et en lorrain.`` Ces formes ont pu s'étendre au centre, par empr. (cf. ID., ibid., p. 402). — Rem. La forme abatied, XIIe s. (cf. étymol.) s'explique par l'adjonction de -dedi au rad. du verbe : ,,Comme -dédi était pris pour une terminaison du parfait, il passa, à un moment plus ou moins récent de sa transformation (v. § 342, 2) d'abord dans une série de verbes, dont le radical se terminait en -nd, comme respondre (...), puis également dans quelques autres, comme abattre, ...`` (SCHWAN-BEHR. 1900, § 338).
ÉTYMOL. — Corresp. rom. : a. prov., cat. abatre; n. prov. abatre, abate; ital. abbàttere :esp. abatir; port. abater; roum. abate.
1. a) Ca 1 100 « mettre à bas (une constr.) » (Roland, 98, éd. Bédier : od ses cadables les turs en abatied); XIIe s. « faire tomber, enlever (qqc.) » (La Chanson du chevalier au Cygne, 204, éd. Hippeau ds T.-L. : sa coiffe a abatue); 1181-1191 « id. » (CHRÉTIEN DE TROYES, Perceval le Gallois, 24-455, éd. Potvin, ibid. :son ceval abati le frain); XIIIe s. « mettre à l'horizontale, par le jeu régulier d'un système, un pont-levis à la verticale », terme techn. (Gaufrey, chans. de geste, 86, éd. Guessard et Chabaille, ibid. :La Porte ont devalee et le pont abatu); b) 1144 « faire tomber, renverser (qqn) » (Li Charrois de Nymes, ds Guill. d'Orange, chans. de geste, 352, éd. Jonckbloet, ibid. : abatuz fu li rois de son destrier); ca 1170 « faire tomber d'un coup mortel (un homme) » (MARIE DE FRANCE, Lai d'Eliduc, 862 : Vers l'esciprë [« matelot »] est tost alez, De l'avirun si l'ad feru k'il l'abati tut estendu; par le pié l'en ad jeté fors, les undes enportent le cors); ca XIIIe s. « id. (un animal) », terme de chasse (Amis et Amiles et Jourdain de Blaivies, 2273, éd. Hofmann, ibid. :A douz faucons ont abatu un cisne); 2. emploi dér. post. 1160 « chasser qqn du trône (comme si on l'en faisait tomber) » (WACE, Rou, III, 10450, éd. Andresen, ibid. :Mielz voldreit estre a mort feruz Que del regne fust abatuz); 1168 « abolir (une coutume) », terme jur. (Lit. Ludov. VII ann. 1168 gallice redditae, t. 1, Ordinat. reg. Franc., col. 17 ds DU CANGE : Ainsint est aemplis li nombre des coustumes que nous avons abatues); 1180 « faire disparaître (par évaporation) », terme phys. (La Mort Aymeri de Narbonne, 2245, éd. Couraye du Parc ds T.-L. : Li soleus lieve par estranjes päis, Qui abat la rosee); début XIIIe s. « diminuer (de qqc.) une somme convenue », terme comm. (Aucassin et Nicolette, 24, 66, Sire, vint sous m'en demande on; je n'en puis mie abatre une seule maaille [demi-denier]).
Empr. au lat. abbattere (abbattuere, voir battre), seulement dep. le VIe s., « faire tomber, détacher (de qqc.) » (Lex salica, 41, 11a ds Mittellat. W. s.v. abatto, 7, 65 : si quis hominem ingenuum de barco abbatiderit), mais dont les formes rom. a. prov. abatre, ital. abbàttere, esp. abatir, port. abater, cat. abatre, roum. abate (?) attestent l'existence ant. Attesté ds les Gloses de Reichenau (éd. Klein-Labhardt : Glos. bibl., De Evang., 1580 : ofendas, abattas et Glos. alphab., 1065 : offendas, abattas) au sens de « heurter (contre qqc.) » (cf. Vulg. Matt., IV, 6 : ne forte offendas ad lapidem pedem tuum) et de « se heurter contre, affronter (une réaction, un sentiment) », emploi fig. (cf. Vulg. Ecclés., XXX, 13 : ne in turpitudinem illius offendas) : sens dont ni abattre (ni battre) n'offrent d'ex. précis et qui traduisent surtout ad- exprimant l'idée d'« abord » et de « rencontre ». Il est possible que dans un tel cont. se soit dégagée l'idée d'une chute : heurter le pied contre, c'est souvent (risquer de) tomber. Le sens de l'a. fr. abattre reflète d'une part ad- exprimant l'achèvement de l'action en chute « frapper au point de faire tomber »; d'autre part on peut supposer une influence de l'adj. bas rapproché par étymol. seconde dite « pop. ». Cf. avec l'emploi jur. « abolir » : 1162 « retirer (une monnaie) de la circulation », terme d'écon. (JOH. CODAGNELLUS PLACENTINUS, Annales Placentini ds Mittellat. W. s.v. abatto 7, 7° : precepit Placentinis..., ut ... teneant imperiales intus civitatem... et tunc placentini fuerunt abattuti).
HISTORIQUE
I.— Sens disparus av. 1789. — Ce sont des sens dér. ou techn. A.— Sens dér. : 1. « Bannir, chasser » (qqn), 1160, un ex. unique, cf. étymol. 2. 2. « Faire disparaître » (par évaporation), attesté dès 1180 (cf. étymol. 2) XIIIe s. (ca 1225) : Li soulax ot ja auques abatue la rosee (...) (Queste del Saint Graal, p. 22). XVIe s. : Se gardera, ainsi que d'un dangereux ecueil, de faire paistre a ses bestes avec l'herbe la rozee du matin; ains attendra avec patience que le soleil l'aie abbatue. O. DE SERRES, [1599], IV, 13, (Gdf.). 3. « Diminuer (de qqc.) une somme convenue », 1re attest. début XIIIe s. (cf. étymol. 2) subsiste jusqu'au XVe s. : Et au commencier de son regne abati ses monnoies qui trop faibles estoient. G. COUSINOT, Geste des nobles Fr., [1430], Ch. CXCVIII, (Gdf.). — Rem. Cette notion de réduction se retrouve actuell. dans le subst. abattement (cf. sém. abattement I B). 4. Abatre l'eau de qqn c.-à-d. « abaisser sa vanité », XVIe s. (Palsgrave,) à rapprocher de abatre (pour rabattre) le caquet de qqn (FUR, 1701, Trév. 1704 et 1771) et surtout les expr. abattre le(s) bouillon(s), le bain (lang. culin. et lang. de la teinturerie) : Cela soit dit afin de vous abbattre un peu vostre eau. CHOLIÈRES, Apresidnees, [1587], IX, f° 311, r° (Gdf.). 5. Abattre un chemin « le dégager dans une forêt » (XIIIe s., FEW). 6. S'abattre « se décourager », dep. Calvin (FEW). B.— Emplois techn. (cf. sém. I A 2) : 1. Anc. jurispr. : « abolir » (une coutume). 1re attest. en 1168 (cf. étymol. 2), subsiste jusqu'au XVIe s. XIIIe s. : Les droitz especiaulz ne peuvent pas abatre les communs. Coust. de Norm., [1240], f° 46 v° (Gdf.). XVIe s. : On abat droit et met l'en jus police, Affin d'avoir pecune en maniement. GRINGORE, [1511], I, 40. Encore mentionné ds Ac Compl. 1842 (coutumes abattues). 2. Coiffure : « couper », « raser », apparaît au XVIe s., ne subsiste pas au-delà du XVIIe s. XVIe s. : Les autres abbatent leur barbe, qui toujours la portoient longue. LE BLANC, Trad. de Cardan [1556], f° 267 v° (Gdf.). XVIIe s. : Il lui fait abattre le poil avec le rasoir. MALHERBE, Ep. de Sénèque, [1628], XLVII, 1 (DG). 3. Terme de mar. : « dériver, s'écarter de la vraye route » (FUR., 1690 et 1701, Trév. 1704, 1752, 1771). — C. Terme d'arg. : « renverser une femme (en vue de la posséder) », XVIe et XVIIe s. : Il fut trouver la dame en sa chambre, laquelle, sans trop grand effort de lutte, fut abattue. BRANTOME ds FRANCE.
II.— Sens attestés apr. 1798. A.— Sens propre (cf. déf. ds sém. I) empl. à la forme trans., intrans. ou réfl. On se bornera ici aux emplois trans. 1. L'obj. désigne une chose : 1re attest. ca 1100 (cf. étymol. 1), remarquable perman. de cette accept. jusqu'au XXe s, — XIIIe s. (emploi attesté dep. Chrétien de Troyes, FEW) : [Lancelot] descent desoz un grant pueplier ... et s'alege de son hiaume et de son haubere et abat sa ventaille. Quête du Graal, [1220-35], 141, 29. XIVe s. : Si s'en vint à Guise, si entra en le ville, et le fist toute ardoir, et abatre les moulins. FROISSART, [fin XIVe s.], I, 172. XVIe s. : [La paix] leur fut accordee soulz condition qu'ilz abbatteroient les longues murailles qui prenoient depuis la ville jusques à la mer. AMYOT, Trad. de Diodore, [1593], XIII, 34 (Hug.). XVIIe s. : Nous avons abattu les bois de la maison de campagne, sous prétexte d'avoir de la vue. REGNARD, Retour imprévu, [1700], 259. XVIIIe s. (emploi attesté dep. ca 1270, FEW) : On abat les noix avec la gaule. FUR. 1701. Abattre de la besogne. Ac. 1798. — Rem. Expr. partic. : Petite pluie abat grand vent (cf. I A 3) à rapprocher de : Grand vent s'abat de peu de pluye. A. DE BAIF, Mimes, [1576], f° 125 v° (Gdf.). 2. L'obj. désigne un être animé : a) Spéc. dans le domaine de la chasse « abattre un animal »; perman. dep. les orig. XIIIe s. cf. étymol. 1 c. XIVe s. : Je vous donne a bonne estrine ce faucon pour (...) le mieux volant, le mieux et le plus gentieumment caçant et le mieux abatant oisiaux. FROISSART, X, 256. XVIIe s. : Ce chasseur est adroit, il abbat bien du gibier. Ac. 1694. XVIIIe s. cf. FUR. 1701 et Trév., 1771. b) Pers. : 1re attest. XIIe s. (cf. étymol. 1 b), remarquable perman. jusqu'au XXe s. XIVe s. : Si commenchièrent à abatre et à décoper et blechier gens qui de ce ne se donnoient garde. FROISSART, VIII, 86. XVe s. : Et n'y a nul qui contre moy debate Que pour ung peu de temps je ne l'abate. GRINGORE, [1511], I, 185. XVIe s. : C'est le triomphe sainct de la sage Themis, Qui abat a ses pieds ses pervers ennemis. A. D'AUBIGNÉ, Trag., 1593, III, (Gdf.). XVIIe s. : Qu'il versera de sang, qu'il abatra de têtes. MAINARD, Poésies, (Rich. 1680). XVIIIe s. : Ce lutteur a abatu son homme sous lui. Trév. 1704. c) P. ext., un vice humain : fin XIIe s. : D'un coup a orguel abatu. LE RECLUS DE MOLLIENS, Miserere, [ca 1220], CVI, 6 (Gdf.). XIVe s. : Et dissent au conte que il convenoit que (...) li orgueils de chiaulx de Gaind fu abatus. FROISSART, IX, 227. XVIIe s. : J'ay le cœur tout abbatu. NICOT 1606. fin XVIIe s. : Les malheurs abatent le courage. D'ABLANCOURT, Tac. (Rich., 1680). XVIIIe s. : Il s'est laissé vaincre et abatre à la douleur. Trév. 1704. d) Abattre du bois (« abattre de la besogne ») disparaît apr. Lar. 19e. B.— Emplois techn. — Subsistent jusqu'au XXe s.; sont cités ci-dessous dans l'ordre chronol. de leur 1re attest. : 1. Fauconn. : Sur l'hyver donnez luy six grains de poivre en mesme façon sans l'abattre. 2. Météor. : abattre la poussière. 1677 (FEW). 3. Tann. et corroierie : Abatre le cuir d'un bœuf. RICH. 1680. 4. Marine : Verbe intrans. « faire une abattée » : Abattre, Déchoir ou Dériver, est s'écarter du rumb ou de l'air de vent qui doit régler le cours ou la conduite du vaisseau. GUILLET [1678], (Jal2 nouv. éd.). Faire abattre un navire, c'est le faire arriver, ou obéir au vent lorsqu'il est sur [lire sous] ses voiles ou qu'il présente trop l'avant au lieu d'où vient le vent. DESROCHES, Dict. de marine, [1687], (Jal 1848). Le vaisseau abat, lorsque l'ancre a quitté le fond et que le vaisseau arrive ou obéit au vent. Encyclop., 1751. Abattre en carène : Abatre un vaisseau sur le côté, lors qu'on veut travailler à la carène, ou en quelque endroit des œuvres vives. DESROCHES, Dict. de marine, [1687], (Jal 1848). 5. Jeux (Tric-trac, quilles) : On dit au jeu de tric-trac, abattre du bois, pour dire, abattre des dames pour caser. On le dit aussi, au jeu de quilles, pour dire, abbattre des quilles. Ac. 1694. — Rem. Fam., abattre du bois :On dit d'un homme qui fait bien de la besogne, et d'un juge qui expédie plusieurs procès qu'ils abatent biens [sic] du bois. FUR. 1690. 6. Chirurgie : Un habile oculiste a abatu la cataracte qui me couvroit l'œil. FUR. 1701. 7. Chapellerie 1723 (FEW) : Abattre un chapeau (...) C'est, après qu'on a donné au chapeau l'apprêt et qu'il est bien sec, en aplatir les bords et le dessus de la forme. Trév. 1752. 8. Man. : Encyclop. 9. (Art) vétér. : id. 10. Manutention : manœuvre de la chèvre; ds Encyclop. 1751-1780. 11. Impr. : 1794. 12. Teinturerie : 1828 ds DOIN, Dict. des teintures. 13. Jeux de cartes : Aux jeux de cartes, abattre son jeu, le mettre sur la table pour le montrer. Ac. 1835. 14. Bonneterie : Ac. Compl. 1842. 15. Art du cartier : id. 16. Tann. : 1798 (FEW); Ac. Compl. 1842. 17. Céram. : 1844. 18. Archit. : 1870. 19. Maréchalerie : LITTRÉ. 20. Police sanitaire : « mettre à mort », en parlant d'animaux (LITTRÉ). 21. Typogr. : 1897. 22. Armurerie : abattre le chien [d'un fusil à percussion] sur la cheminée; ds DG. 23. Minér. : DG. 24. Tann. : DG.
STAT. — Fréq. abs. litt. :2 314. Fréq. rel. litt. :XIXe s. : a) 2 501, b) 3 723; XXe s. : a) 4 014, b) 3 297.
BBG. — BAUDR. Chasses 1834. — CHABAT 1875-76. — CHESN. 1857. — DEM. 1802. — DUPIN-LAB. 1846. — GRUSS 1952. — JAL 1848. — JOSSIER 1881. — LE CLÈRE 1960. — LITTRÉ-ROBIN 1865. — NYSTEN 1814 — 20. — PRIVAT-FOC. 1870. — ROMEUF 1956-58. — THIÉB. 1959. — WILL. 1831.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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